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 [Manoir O'Connell] Te fous pas d'ma gueule!! | PV Morgan

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Rafael P. O'Connell
Tortured Soul | Adorable Kid
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MessageSujet: [Manoir O'Connell] Te fous pas d'ma gueule!! | PV Morgan Jeu 3 Mai - 1:01



Il le savait. Oh oui, Rafael le savait parfaitement. Il y avait bien des mensonges dans sa vie, des secrets qui le concernaient et il n’était même pas au courant. Il le voyait par les regards que les gens ne cessaient de lui lancer dans sa famille… il le savait par les murmures qui le suivaient partout, peu importe où il se trouvait. Rafael savait parfaitement qu’il n’était pas comme les autres. Il le savait depuis qu’il était petit, en fait. Un môme n’assassine pas à lui tout seule une horde de chasseur expérimenté. Un môme ne bute pas sa mère et ses grands-parents en claquant des doigts.

Adossé au mur près du buffet, Rafael observait les gens importants qui jouaient les intrus dans sa demeure. Sa mère faisait un défilé de mode dans leur manoir et il avait été obligé d’y participer. Petite peste parmi la foule, sa sœur courrait entre les invités tout en rigolant. Sale peste. Pourtant, il ne peut s’empêcher de lui adresser un léger sourire quand elle passa près de lui, lui ébouriffant sa crinière de démone. Elle se tourna un instant pour lui faire une grimace, rentrant par la même occasion dans des invités. Sans aucune discrétion, il pouffa de rire alors qu’elle s’enfuyait le rouge aux lèvres.

Profitant du fait que l’attention des gens étaient concentré sur sa petite sœur, Rafael se tourna d’un mouvement expert vers le buffet, se prenant un verre de champagne et discrètement, il sortit une petite pilule rectangulaire qu’il avala bien rapidement. De quoi se cacher rapidement les idées, quoi. Il détestait ce genre de p’tites fêtes. Passant une main dans ses cheveux bien coiffés, il observa discrètement la foule avant de s’en éloigner. Malheureusement, il ne put pas assez rapide car sa mère arriva d’un côté sans s’annoncer, le recoiffant sans lui demander son avis. Une légère moue sur les lèvres, l’esprit un peu égaré, il la laissa faire.

« Maman voyons, j’ai pas deux ans. »

Elle rigola un peu face à sa réplique, mais Rafael n’y porta pas attention. Retirant sa main comme s’il était brulé, il partit en direction du balcon, attrapant un passage un second verre de champagne. Oh, il commençait vraiment à avoir l’esprit dans les brumes.

« Merde, c’est d’la bonne. »

Vidant rapidement sa première coupe de champagne, il la jeta à même le bas du balcon avant de passer une main dans ses cheveux. En bas, des invités crièrent à propos du verre qui leur tombait sur la tête, et il en rigola bêtement. Le second verre un peu solitaire, Raf se fit une joie sans non de le vider avant de le faire suivre le même chemin que le précédent.

« Et hop, un p’tit saut! »

Perdant un instant l’équilibre, il tangua légèrement mais finit par s’accrocher à la barre, les jambes molles comme du coton. Le cœur un peu affolé, Rafael resta un instant le regard perdu entre deux mondes, écoutant le mélange si cacophonie des deux sortes de voix ensemble. La voix de Pierre s’élevait doucement, le calmant un minimum. C’était la seule voix qu’il arrivait à supporter, surement car l’homme l’accompagnait depuis sa tendre enfance. Passant de nouveau une main dans ses cheveux, il se laissa glisser sur le sol, le regard toujours flou.

Rafael ne fut pas étonné de voir son père apparaitre au bout d’un moment. Il semblait plus en colère qu’il ne pouvait l’être. Pourtant, Rafael ne s’en souciait pas. Il avait la tête ailleurs.

« Bon, tu viens encore me faire la morale? »

Un léger sourire méprisant se dessina sur ses lèvres.


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Morgan O'Connell
Confused Man | Lost Childhood
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MessageSujet: Re: [Manoir O'Connell] Te fous pas d'ma gueule!! | PV Morgan Lun 7 Mai - 19:41

P'tite musique d'ambiance

Assis sur les marches menant aux étages, Morgan observait son reflet dans son verre de champagne à moitié plein, pensif. De là haut, il voyait les gens, discuter, rire, manger, tenter de subtiliser plusieurs toasts ni vu ni connu, chuchoter des messes basses et en rire à nouveau, avant de reporter leur attention sur le défilé de sa femme. Lui-même portait l’une de ses créations ce soir. Et pourtant, le cœur n’y était pas. Observer Mack’ jouer parmi les invités, imiter sa mère, même cela ne lui arrachait qu’un mince sourire. Il porta le liquide doré à ses lèvres, le goût ne lui fit aucun effet, à part peut-être se sentir coupable de boire, ne serait-ce qu’une gorgée de ce truc. Il ne pouvait plus boire. Il en avait assez souffert. Il reposa la flûte en cristal non loin de lui, soupirant.

Rafael entra dans son champ de vision peu après. Il faisait acte de présence, c’était aimable de sa part, mais il voyait bien qu’il aurait voulu être ailleurs. Morgan était dans le même état, ce soir, même si jamais il n’aurait pu l’avouer à Hilary, qui faisait ça pour eux. Mais faire ça au manoir finalement, était une très mauvaise idée. Les portes ouvertes lui rappelaient trop une certaine époque. Une mauvaise époque, où du sang de host tâchait souvent les tapis de l’entrée, où les chasseurs nettoyaient leurs armes, parlaient de capture et de torture. Parlaient de récupérer leur pouvoir. Il avait été l’un d’eux, s’était peu à peu transformé en un étranger dans son propre manoir, sous les yeux d’une mère folle de chagrin. Penser à Rosaleen maintenant n’était pas pour arranger son humeur maussade. Ni voir son fils porter quelque chose à sa bouche.

Rafael lui rappelait souvent Elliot. Ce n’était pas seulement ses yeux bleus perçants, c’était aussi sa nonchalance, son dédain pour les conventions. Son penchant pour l’alcool devait lui venir de lui indéniablement, mais jamais il n’avait pu le voir prendre autre chose pour se détruire. Alors forcément, l’image de Davis et de son trafic à Poudlard, de ses délires dans la Grande Salle et de sa soi disant planque dans la forêt interdite, tout ça lui revint en mémoire rien que par le geste de son fils, dont n’importe qui d’autre penserait qu’il n’avait qu’ingurgité un cachet d’aspirine. Mais lui, il avait vu. Il avait comprit.

Une colère sourde s’empara de lui, mais surtout, une douleur, un sentiment de trahison. Son fils avait tout ce qu’il voulait. Il avait une famille. Il était aimé. Ils se parlaient tant quand il était petit, intelligent comme il était, il lisait en vous, trouvait ensuite les mots innocents d’un enfant pour vous aider sur le bon chemin. Morgan s’était constamment employé à lui être le meilleur père possible, ce qui n'était absolument pas gagné, vu son cas. Et voilà le merci. Ce fut alors un sentiment d’échec qui lui prit les tripes, et l’image d’un James Irish lui riant au nez, lui disant qu’il aurait dû le lui laisser, qu’il ne pouvait en être autrement en grandissant chez les O’Connells.

Il se releva brusquement, décida de rejoindre Rafael. La situation n’avait que trop duré. Il esquiva toutes les personnes souhaitant lui dire un mot, il esquiva même Mack’ qui voulait lui demander quelque chose. Ce soir ce n’était pas elle qui avait besoin de son papa. Il s’arrêta à l’entrée de la terrasse, le visage fermé, observant en silence Raf’ s’amuser tout seul. Seul, il l’était souvent. Il ne s’en était pas vraiment inquiété jusqu’à maintenant. Morgan fit un pas en avant lorsqu’il crut que son fils allait s’écrouler plus bas dans l’herbe. La chute n’était pas très haute, mais on n’était jamais à l’abri de rien.


« Bon, tu viens encore me faire la morale? »

Impassible, il ne lui fit pas le plaisir de lui répondre. Le regard qu’il avait parlait pour lui. Il s’approcha lentement, et une fois à ses pieds, il remit brutalement son fils sur ses pieds, le hissant d’un seul coup, pour bien lui montrer que cette fois, c’était sérieux. Que cette fois, c’était grave. Le garçon mit un temps avant de tenir tout seul, sûrement l’effet de son cachet et de l’alcool combiné. Morgan le tenait toujours par le col de sa chemise, et son sombre regard était plongé dans le sien, à l’exact opposé, d’un bleu majestueux et pur. Mais voilé par quelque chose que l’aîné des O’Connells connaissait déjà. Le désespoir.

Il ne s’était jamais montré violent envers lui, et ce n’était pas maintenant qu’il commencerait, mais le lâcher, non, pas encore, et il pouvait tenter de se débattre autant qu’il voulait, ses doigts étaient solidement fixés à sa chemise.


« Enlèves-moi ce sourire de ta bouche Raf’, parce qu’il n’est plus le temps de jouer. Il n’est plus le temps pour la morale.»

On aurait dit qu’Elliot avait refait surface devant lui. Les mots de Lucas lui revinrent en mémoire, et les remords ne tardèrent pas à refaire surface. Comment parler d’une chose dont il ignorait tout ? Comment avouer que cette chose le terrifiait, à l’idée qu’elle puisse lui prendre son unique fils ? Et pourtant c’était ce qui arrivait. Il fouilla les poches de Rafael, en ressortit un sachet de l’une de ses poches intérieures, et confirmer ses doutes ressemblait à un coup de poignard.

Il le tint quelques secondes devant ses yeux, la bouche entrouverte, ayant du mal y croire.


« Pourquoi… tu me fais ça. »

Morgan reporta son attention sur le garçon, le secoua, hurla :

« POURQUOI !! Tu veux LE rejoindre c’est ça ? Je t’ai dis que Davis en était mort ! MORT… »

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Rafael P. O'Connell
Tortured Soul | Adorable Kid
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MessageSujet: Re: [Manoir O'Connell] Te fous pas d'ma gueule!! | PV Morgan Jeu 17 Mai - 3:17

Ciel contre terre. Fils contre père. Rafael était bien trop dans les brumes pour soutenir le regard si perçant de son paternel, et ce fut surement pour cela qu’il fut le premier à détourner le regard, rigolant comme l’idiot qu’il était. Oh, il en avait marre. Il avait marre de tout, en faite. Marre des voix, marre des cons qui étaient là en bas, parlant comme des riches avec un balai dans le cul. Il en avait marre de tout ces gens qui pensaient le connaitre alors qu’il ne se connaissait même pas lui-même. Oh, il ne le dirait pas, mais Rafael O’Connell avait peur de lui-même.

Quand il eut détourné le regard, son père n’attendit même pas un instant pour venir le voir et le redresser. Il était fort, le père. Le regard un peu flou, l’estomac sur le bord des lèvres à cause du mouvement trop brusque, Rafael essaya de calmer sa respiration affolée. Tout tournait…et les voix semblaient hurler. L’enfer. Il était en enfer. Il s’était toujours douté qu’il était un démon, tiens. Il le fallut un certain moment pour pouvoir tenir sur ses jambes. Il se rendit alors compte de la proximité de son oncle…père… il ne savait plus…il n’avait jamais su en fait…’fin. Il essaya de se débattre pour se dégager. Il n’allait tout de même pas gâcher sa soirée, il était attendu dans une rave en écosse.

« Enlèves-moi ce sourire de ta bouche Raf’, parce qu’il n’est plus le temps de jouer. Il n’est plus le temps pour la morale

Il souriait? Surement. Rafael le faisait toujours sans s’en rendre compte, portant un masque. Il en portait toujours un, depuis bien trop longtemps. Pour le bonheur de ses pensées… pour tout. Il se fissurait un peu plus dernièrement pour une raison qu’il ignorait… Il ne savait pas que ceux de sa race avait leur éveil complet à leur 18 ans, chose qui approchait pour lui.

« Jouer? Morale? Oh, ta gueule p’pa. T’en as jamais eu les couilles. »

Ce fut comme s’il n’avait pas parlé, son père fouillant déjà dans ses poches. Il n’avait qu’un sachet sur lui, il pouvait bien lui laisser. Dans sa réserve, une centaine l’attendait. Un léger sourire sur les lèvres, il observa le cœur en miette son père observer sa drogue, tournant lentement au blanc. Oh, il était amusant de le voir enfin réaliser la triste vérité. Son fils était un drogué. Un junkie. Un alcoolo. Il était lui, en pire. Il était eux. Il était le noir de tous. Le mauvais côté des gens. Il était le mal. Rien n’était bien en lui.

« Pourquoi… tu me fais ça. POURQUOI !! Tu veux LE rejoindre c’est ça ? Je t’ai dis que Davis en était mort ! MORT… »

Morgan avait beau le secouer dans tout les sens, lui hurler dessus aussi fort qu’il le souhaitait, Rafael ne voyait rien de sérieux dans tout cela. Il était bien trop loin…bien trop drogué. Rigolant comme un fou, l’adolescent se dégagea d’un coup des bras de son père avec une force qui n’était pas la sienne. Celle de la magie plutôt…celle de sa magie un peu trop folle… un peu trop consciente et meurtrière. Une drôle de lueur dans les yeux, il l’observa un moment avant de se reprendre, secouant un peu la tête.

De nouveau il rit, mais cette fois-ci, son rire était empli de tristesse…de désespoir.

« Davis, hein? Comme dont par l’appeler par son nom, papa! Ah non, plutôt, mon oncle, nah? C’est pas c’que t’es? Merde, t’es même pas mon oncle. C’est genre… mon grand cousin. Bordel de merde! Et puis, arrête de tout ramener à toi, à ton foutu nombril ! Tu m’portes juste attention parce que j’fais mal à votre image présentement! Ignore moi dont comme tu sais l’faire, hein! IGNORE MOI! LAISSE-MOI DONT VIVRE MON ENFER.! Laisse-moi sombrer, j’aime ça! Laisse-moi avec les voix, laisse-moi avec eux!! »

Sa respiration était affolée. Il ne comprenait même pas lui-même le sens de ses paroles. Pourquoi parlait-il des voix? Rafael n’en parlait jamais à personne. Le regard flou, le ventre en tourbillons, il descendait les escaliers venant à la cours en vitesse, bousculant sans aucune gêne les invités.

Il ne souhaitait qu’être seul. Près de la plage. De la mer. Peut-être pourrait-il y mettre fin à ses jours. Un sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée. Une vie de silence l’attendait peut-être de l’autre côté. Il entendit Pierre lui dire que ce n'était pas la solution, mais Raf l'ignora.

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Morgan O'Connell
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MessageSujet: Re: [Manoir O'Connell] Te fous pas d'ma gueule!! | PV Morgan Dim 27 Mai - 23:46

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Morgan avait si mal. Sa magie, tournée contre lui, même infime, venait de le frapper. Mais le pire, c’était les mots. Chaque mot que son fils prononçait réveillait en lui tout ses démons, toute la tristesse et les remords qu’il éprouvait pour tout ce qu’il avait pu faire de mal dans sa vie. Parce que Rafael avait été l’une de ses seules réussites. Lui et Mackenzie, il n’avait jamais foiré, jamais. Il leur avait toujours montré son plus beau visage, ou au moins, il avait essayé, et il avait réussi, en grande partie grâce à sa famille, mais surtout grâce à ce petit garçon, rencontré d’une manière si… magique. Un soir où tout était perdu, où tout n’était que ténèbres, il était venu lui, il l’avait réclamé, alors même qu’ils ne s’étaient jamais vu. Et s’il n’y était pas allé, à ce commissariat de police moldu ? Et s’il avait refusé de jouer le rôle de père qu’il voulait tant ? Et s’il ne l’avait pas retrouvé après sa première fugue ? Et s’il l’avait laissé à James…

Pour la première fois depuis qu’il l’avait recueillit, il repensa à ce que lui avait dit Irish, des années auparavant, alors qu’il lui annonçait qu’il gardait le garçon…


« Ta famille est pourrie, O’Connell. Regarde tes ancêtres. Les bons, je les compte sur les doigts de la main. D’une seule main. Et ceux qui tentent de s’échapper de votre enfer, ils meurent. Regarde-toi. C’est à peine si tu respires encore. Rafael ne doit pas grandir avec toi. Tu le sais.

- Ce que je sais, James, c’est qu’avec toi, jamais il ne saura ce que c’est que d’avoir une seconde chance. Jamais il ne saura ce que c’est, le pardon. Ni combien est difficile la voie du Bien. Pour toi, tout est blanc ou noir. Je n’ose même pas imaginer le jour où il fera ses premières bêtises. Les Irish ont un tel goût pour la Justice. Oh et… c’est moi qu’il a choisit, tu sauras.

- Oui… qu’est-ce que tu lui as promis dis moi ? Parce que tout ce que tu diras, il s’en rappellera, des promesses. Et tu ne les tiendras pas. Tu ne tiens jamais parole O’Connell. C’est dans votre sang de Serpentard. Tu sais, la fuite. »


Morgan ne lui avait plus jamais adressé la parole, ni même revu. Il n’y avait même plus pensé, tant il avait l’habitude de se disputer avec les Irish. Il cligna des yeux en voyant Raf’, presque adulte, s’enfuir en courant. Fuir. C’était si facile. C’était ce qu’il faisait depuis des mois. Il se disait qu’il fallait lui parler, prendre du temps pour l’écouter, le forcer à lui parler même. Mais il y avait toujours autre chose. Il s’était toujours persuadé que ça pouvait attendre, tout en sachant pertinemment que non. Mais il avait si peur que Rafael… sombre, comme son père. Comme ses deux pères.

« REVIENS ! RAFAEL ! Reviens… »

Il sentit des mains se poser sur ses épaules, mais il se dégagea avec brusquerie. Il l’avait perdu de vue, mais il n’avait pas besoin de le voir pour savoir où il était. L’appel de la mer. L’appel de son chant, censé apaiser la douleur. Jessie en avait fait un single, d’ailleurs. On tenta de lui agripper à nouveau les épaules mais il se détacha de la même manière que la première fois, et ses pieds se mirent en mouvement, plus déterminé que jamais. Il fallait dire à Rafael toute la vérité, et essayé de le sauver.

Il bouscula les mêmes personnes que lui, et entendit les mêmes cris d’indignation. Comme s’il en avait quelque chose à faire. C’était chez lui. Ses jolies chaussures dérapèrent plusieurs fois dans l’herbe humide du parc qui bordait le manoir. Le domaine était immense. Un lac faisait partie de la propriété. Il trébucha sur une paire de chaussure. Puis, quelques mètres plus loin, il trouva une veste chic. Une création d’Hilary. Les affaires de Raf’. Morgan ne put s’empêcher de respirer l’odeur laissé sur la veste, avant de la laisser au vent. Il pouvait déjà sentir l’air marin, et entendre la mélodie des vagues se briser sur les rochers.

Arrivé en haut de la falaise, il craignit soudain qu’il ne soit arrivé trop tard. Et s’il avait sauté ? Son cœur se mit à cogner plus fort, et sa gorge se serra d’angoisse. Non, il l’aurait senti. Il n’était pas de ce genre… ou bien l’était-il devenu ? Il avait parlé des voix. Peut-être le poussait-il à faire des choses qui ne lui ressemblaient pas. Peut-être avaient-elles fait la même chose à Elliot Davis. Ca ou les drogues, mais pour lui, c’était similaire. C’était du poison. Et puis un rayon de lune vint l’éclairer, là bas, au bord de l’eau. Les vagues lui léchaient les pieds et le bas du pantalon. Il semblait là et pas là, c’était étrange. C’était terrifiant.

D’autant plus que l’endroit lui rappelait sa première rencontre avec Phoenix. Non, lui, il fallait le laisser de côté, il était déjà assez perturbé comme ça, et pour l’instant, c’était son fils qui importait. Il descendit de plusieurs enjambés mal assurée sur la rocaille, s’écorchant les mains et se foulant presque une cheville. Morgan s’en fichait. Il ne voyait que Rafael.


« Rafael ! … reviens sur la berge… allez… s’il te plaît… mon garçon… Ecoute-moi ! Je ne suis pas ton putain d’oncle t’entends ! Tu m’as choisi… et j’ai accepté. C’est moi, ton papa… Rafael, reviens là…»

Il avait la voix cassée par la peur et l’émotion. Son fils fixait l’eau et ne bougeait pas. On aurait même dit qu’il ne respirait plus. Les mots se bousculaient pour sortir, il ne savait pas par quoi commencer, il ne savait pas s’il arriverait à maîtriser toutes les émotions qui bouillaient en lui.

« J’ai… Je vais te parler de Davis, de… de ton père Elliot. Et… les voix aussi, je vais essayer… mon fils…»

Il se rapprocha, entra dans l’eau, répétant ces phrases sans fin, bégayant, insistant sur ‘mon garçon, mon fils’, jusqu’à ce qu’il entende la voix de Raf’. Il marmonnait, chuchotait, l’irlandais ne comprenait pas, ne savait même pas si c’était vraiment lui qui parlait. Mais lorsqu’il le vit s’effondrer dans l’eau, jamais encore il n’avait eu si peur de voir la mer engloutir l’un des êtres qu’il aimait le plus au monde.

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Rafael P. O'Connell
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MessageSujet: [color=#56698f] Dim 3 Juin - 3:07