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 Colère oubliée [PV Alexander]

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Ezra Marthe
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MessageSujet: Colère oubliée [PV Alexander] Mar 19 Juin - 21:24

Le temps…le temps… il passe parfois trop lentement, parfois trop rapidement… Ezra ne sait plus quel jour ils sont. Il ne fait que travailler, dernièrement…travailler et travailler…et oublier, un peu. Il essaie, du moins. Mais une telle blessure…une telle déchirure, il ne peut s’en défaire. Il devrait le haïr pourtant, non? Il devrait avoir envie de le tuer, se sentir trahi…il devrait lui en vouloir à mort… mais Alexander lui manque. Il lui manque à lui en faire mal, et il déteste cela. Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne veut pas être à sa botte. Il lui en veut. Oh, Ezra est en colère contre son meilleur ami…son frère…depuis longtemps. Quelques jours…quelques semaines. Il ne sait plus vraiment, mais la douleur est toujours là. La plaie est toujours à vif sous son chandail, cicatrisant avec peine et misère… Il a mal à chaque mouvement encore… Ezra n’a pas osé se faire mettre des points de suture, ou aller voir un médecin. Il déteste les médecins, de toute façon. Il n’a jamais eu besoin de cela. Et puis… aller voir quelqu’un pour cela, c’était avouer que oui, Alex l’avait vraiment fait. Que oui, Alex s’en était vraiment pris à lui, le tuant presque. La plaie est certes petite, mais il ne doute pas de sa profondeur. Il n’ose regarder son reflet dans le miroir, quand il sort de la douche. Il n’ose observer à quel point la blessure à frôler son cœur malformé. Alexander était-il au courant de cette malformation? Il en doute. Lui-même ne le savait pas vraiment, avant d’emprunter ce drôle de machine pour voir ce qui se passait, là en lui. La machine avait fait des bips étranges avant de sortir une feuille de sa gueule, lui annonçant gaiement « Situs inversus ». Une rapide recherche lui avait appris qu’il souffrait d’une déformation.

Et malgré tout ça, malgré cette plaie, malgré cette rage dans son ventre…malgré ce couteau près de son cœur, il ne peut s’empêcher de s’ennuyer de lui. Alexander lui manque. Son frère lui manque. Peut-être regrette-t-il? Une telle pensée le fait rire. Alexander ne regrette jamais. Il ne l’a même pas appelé, depuis cet accident. Il lui envoie des courriels pour le travail, mais sinon, rien. Il se fiche de lui. Et pourtant…pourtant, Ezra a envie de le voir. Il se sent seul dans son lit. Il s’ennuie de ces nuits passé avec lui, parlant sans vraiment dormir. Il s’ennuie de son ami…

Alors comme un con, comme la tête brulée qu’il est, il retourne à Londres sur un coup de tête. Dans son jet privé, il observe les nuages volant bien plus bas que lui… il pense à tout ça. Spencer est arrivée à Alcatraz au courant de la semaine. Elle aussi, elle a été torturé par Alexander…pas de la même manière, d’une façon bien plus macabre et ignoble, mais tout de même. Ils ont traversé la même chose, la même douleur. Elle le laisse s’approcher un peu plus, maintenant. Elle ne semble plus lui en vouloir autant. Heureusement…car ils sont semblable. L’un comme l’autre accroché à Alexander, peu importe le mal qu’il fait aux gens, peu importe le mal qu’il leur fait à eux. Ils lui sont dévoués…

…corps et âmes.

L’avion arrive enfin à Londres. Il a eut des heures pour penser à tout ça, des heures pour penser à tout ces choses qu’il a longtemps mis de côté à cause de son admiration envers Alexander. Il est plus perturbé et chamboulé que jamais, mais il compte en parler à son ami. Il espère de tout son cœur qu’il voudra bien l’écouter pour une fois.

Son éternel chapeau de paille sur la tête, ses tongs aux pieds, il marche au travers de la ville. Aujourd’hui, il n’a pas envie de prendre la limousine, il n’en a pas du tout envie. La dernière fois, il est tombé sur Grace Lincoln, et il est encore trop perturbé par leur rencontre pour tenter l’expérience de nouveau. Il a pourtant peur de l’apercevoir dans leur appartement. Ezra ne sait pas vraiment quoi penser d’elle, en faite. Elle n’est pas comme Alexander, très différente de lui-même.

Il arrive enfin à l’appartement. Il a entendu dire que Gregory McGore habite dans l’immeuble juste à côté, et rien que pour cela, il a envie d’y mettre le feu. Parce qu’il le haie, parce qu’il le déteste. Alexander lui porte trop d’attention à son gout. Il veut son attention pour lui seul, mais Alexander ne semble pas le voir. Ou alors il le voit trop, il ne sait pas vraiment. Il emprunte la cage d’escaliers pour monter. Il sait qu’il y a plusieurs étages, et que l’ascenseur est bien plus rapide, mais il n’aime pas se retrouver là –dedans, il a l’impression d’être en cage. Ezra se trouve en assez bonne forme physique pour ne pas être mort au sommet de tout ça. Il arrive devant leur porte d’appartement…de leur chez eux… il hésite entre frapper ou rentrer tout bonnement. Depuis quand ne s’y sent-il plus chez lui? Il inspire doucement, la main sur la poigné, et ouvre la porte doucement.

Son regard parcourt leur grand appartement du regard alors qu’il y entre doucement. Il observe leur lit, leur cuisine, là où tout a eu lieu… Alexander a-t-il changé les draps tachés de son sang? Surement. Il retire doucement ses tongs car son ami déteste les souliers dans l’appartement… observe toujours en silence, sans rien dire… puis la porte de la salle de bain s’ouvre…

Il le voit se rendre vers le lavabo de la cuisine pour se laver les mains. Celui de la salle de bain n’est toujours pas réparer ? Alexander oublie toujours d’appeler quelqu’un pour s’en occuper….Ezra va devoir s’en occuper. Il s’en occupe toujours, de toute façon…

Il ne l’a pas vu depuis trop longtemps, surement. Trop longtemps pour qu’il reste en colère contre lui, ou alors rancunier. Il oublie tout les mots qu’il s’était promis de lui dire, toutes ses vérités qu’il aurait aimé lui crier, et telle un enfant face à sa famille retrouvée, il court vers lui, pied nu, lui sautant sur le dos comme si sa vie en dépend, comme si son monde arrêtait de tourner dés qu’il ne le voie plus. Ils tombent comme des pantins au sol, et Erza ne peut s’empêcher de rigoler comme l’enfant qu’il a toujours été.

Et contre son chandail, une fine tache de sang, témoin de cette colère oubliée.

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    Le monde n'est que mensonge. Le monde n'est que noirceur. Mon être se meurt...et toi, tu rigoles. J'suis juste un mec, mon pote. Un mec un peu triste, un peu en colère... ou énormément. J'suis moi, mon pote. J'en veux à la terre, j'en veux au monde. J'veux qu'on me console, mec. J'veux qu'on me comprenne. Et toi, tu oses me le faire croire...



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MessageSujet: Re: Colère oubliée [PV Alexander] Jeu 21 Juin - 11:50

    Laquelle correspondra le mieux ? Ma cravate bleue ou ma cravate grise ? Qu'ils ne parlent pas de ma vie privée, je serais capable de les empaler. Oh, ce n'est qu'une façon de parler, bien sûr ; où a-t-on vu que je m'attaquais subitement et violemment aux gens ? Certes, tout va au mieux dans le meilleur des mondes possibles, tandis que je contemple le rasage parfait que je viens de réaliser. En torse nu devant le miroir de la salle de bain, j'observe le reflet qui m'est renvoyé. Une musculature finement travaillée, des cheveux bruns -presque noirs- plaqués en arrière, une attitude totalement stoïque et impénétrable. Que pourraient-ils déchiffrer dans ce regard si ce n'est la mort de l'âme ? Rares sont ceux à pouvoir se vanter d'y avoir provoqué le moindre semblant d'émotion... Isaac peut-être, mais il est possible qu'il finisse par devoir s'en repentir. Parfait. Activité sportive faite. Douche assurée. Le costume, maintenant. Car tout est toujours programmé à la minute près. Je ne laisse pas de place au hasard dans ma vie, c'est pourquoi tout se passe comme prévu. J'ai horreur des choses imprévisibles, comme si le destin ou le commun des mortels pouvait se flatter de pouvoir me prendre au dépourvu. Je n'ai même plus le réflexe de me baisser vers le lavabo afin de l'utiliser. Il est hors d'usage depuis trop longtemps ; je n'ai point le temps -ou l'envie- de m'occuper de ce genre de détails et banalités. Ma vie ne doit rien comporter d'aussi futile. Mon existence l'est déjà parfois bien assez.
    J'ouvre la porte de la salle de bain, sans me douter une seule seconde de ce qui est sur le point de me tomber dessus. A peine ai-je été interpellé par quelque mouvement derrière moi que je me retrouve le cul par terre, un être hilare à proximité. Un être... auquel je n'avais plus pensé depuis des jours. Ezra... Je le regarde quelques secondes, afin d'assimiler l'information. Il sait que je n'aime pas les surprises. Mais celle-ci est plutôt agréable, je dois dire. Ezra... Tu es parti, du jour ou lendemain. Pourquoi ? Je ne tiens pas à revenir là-dessus. La moindre de mes pensées te fut tout d'abord entièrement dédiée. Éprouvai-je... du regret ? De l'amertume du moins. Mais si c'était à refaire, je recommencerais, cher Ezra. Tu n'aurais pas du quitter la place qui est la tienne. Je t'aime dans le rôle de l'ami, le frère insouciant, qui n'ose jamais me juger. Puisse cette expérience te servir de leçon. Tu n'oseras pas me demander des excuses, n'est-ce pas ? J'ai fini par me faire à l'idée que tu ne reviendrais peut-être jamais. J'ai tiré un trait sur notre passé, mais sans doute m'étais-je fourvoyé. J'ai ri, quelques fois, en songeant à ce qu'il s'était passé dans la cuisine ; le sais-tu ?
    Rien n'est plus drôle que le malheur, je te l'accorde.
    Mais mes sourires étaient dépourvus de raison et de toute joie... Maintenant tu es face à moi, comme si rien ne s'était jamais passé. Et je te rejoints dans la cacophonie des rires irréfléchis. Certes, l'on ne peut guère prévoir quelle sera ma réaction tant qu'on ne l'a pas sous les yeux. Les gens sont parfois étonnés, à leurs grands risques et périls. Mais je suis de bonne humeur, aujourd'hui, Ezra. Sans raison apparente ; je suis parfois l'esclave de mes sentiments. Tout se passera bien, jusqu'à nouvel ordre. Tu arrives à point nommé, nous avons même du temps avant cette conférence...


    Je ne t'attendais plus... admets-je, en lui adressant néanmoins un sourire chaleureux.

    J'ai totalement oublié notre dernière altercation. Cela ne s'est jamais passé. N'aborde pas le sujet, Ezra. Je ne répondrais peut-être de rien.
    Je me relève et lui fait face un instant, avant de rejoindre la cuisine.


    Alors, tu veux boire quelque chose ? Quelles sont les nouvelles ?

    Et ce fut tout, comme si nous nous étions vus la veille, ou comme s'il s'était contenté de s'octroyer quelques vacances.

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Ezra Marthe
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MessageSujet: Re: Colère oubliée [PV Alexander] Ven 22 Juin - 5:16

Le rire d’Alexander. Rien ne semble plus magnifique à ses yeux, et un instant, Ezra se laisse envahir par ce son si rare, si précieux. Il profite pleinement de chaque seconde qui lui est offerte pour entendre un tel rire. Était-il en colère contre lui? Il ne sait plus. Peu importe. Alexander est là près de lui maintenant, riant de bonheur. Il est heureux de le voir. Lui. Alexander est heureux de voir Ezra. Et tout ça, ou plutôt juste cela, c’est bien assez pour apaiser son cœur meurtri. Ezra est habitué de lui demander peu…de vivre de peu… alors un rire, c’est tout l’or du monde pour lui. Il ne sent pas sa plaie qui s’est ouverte de nouveau, comme tant de fois. Il ne sent pas le sang qui coule le long de son torse, témoin d’une douleur si vite oubliée. Il ne sent rien, n’entend rien d’autre qu’Alexander. De nouveau, par sa simple présence, par son simple charisme, il est devenu son centre du monde. Son univers. Oh, il le hait pour cela…et il l’aime. Il ne sait pas. Peu lui importe pour le moment, car Alex rit, et tout est figé.

« Je ne t'attendais plus... »

Son cœur rate un battement. Ce pauvre cœur qui meurtri, ce cœur qui ne sait même pas nommer les sentiments comme il se doit. Ezra a l’impression qu’il ne bat que pour lui. Toujours, depuis qu’il l’a sauvé. Il a toujours eu cette impression. Si son cœur bat toujours, s’il lutte toujours pour rester en vie, c’est grâce à Alexander. Personne d’autre, juste lui. Ezra lui doit la vie. Il la lui donnerait facilement, s’il osait lui demander. Il lui donnerait n’importe quoi, ce con. Il n’est qu’un jouet à sa main. Il n’est qu’un con encore perdu dans la forêt, et Alex est sa seule source de vie.

« J’ai cru pas revenir, moi aussi. Mais j’en suis incapable. Comme à chaque fois, hein. »

Alex s’éloigne, après s’être levé. Son cœur se serre. Il bat comme un fou, comme un con, quémandant la présence du grand homme près de lui. Serre-moi dans tes bras. Touche-moi. Regarde-moi. Je veux être le centre de ton monde, comme tu es le mien. Ezra a envie de lui crier tout cela, mais il reste là comme un idiot, l’observant de loin. Il sait qu’Alexander n’accepterait pas une telle déclaration de sa part. Il ne sait même pas s’il serait lui-même capable de l’accepter. Trop absorbe. Trop complexe. Il ne préfère pas mettre de mot tout cela, sur tout. Il préfère rester dans le néant avec Alexander.

« Alors, tu veux boire quelque chose ? Quelles sont les nouvelles ? »

Ezra se lève à son tour. Alex est à quelque pas de lui, assez pour qu’il le touche de nouveau, mais il préfère aller dans le salon. Meilleur choix. Il ne veut pas le toucher de nouveau, pas après une telle blessure. Alexander n’a certainement pas oublié. Alexander a certainement des remords. Oui? Non. Surement pas.

« Orangeade ! AVEC UNE PAILLE BLEUE!! »

Non sans rire, il se laisse tomber sur le canapé. Alexander va lui apporter? Certainement pas. Il s’attend à le voir se ramener à tout instant, avec juste une boisson, la sienne. Alexander ne serre personne, à l’exception de ses proies. La tête à l’envers, les pieds sur le dossier, Ezra bouge avec ses dreads. Il joue comme un idiot, comme un enfant, s’observant dans le reflet de l’écran plat. Alexander déteste qu’il fasse cela, mais il s’en fiche. Il est heureux, il ne pense à rien.

« Pour les nouvelles, rien, nada. Spencer est une super bonne, je l’utilise pour nettoyer mes appartements aussi. Elle est super au lit, tu sais.»

Alexander apparait soudain dans le salon. Juste à son regard, Ezra se tait. Qu’a-t-il dit? Il semble en colère. Pire, même. Ezra pense soudain à sa plaie, et se laissant tomber d’un coup sec au sol, il saute de l’autre côté du canapé, mettant quelque chose entre eux.

« Un problème, mec? »

Oh oh. Un problème. Merde. Le con. Le con. Le con. Au moins, il n’a pas de couteau à la main… mais deux verres, étonnement.

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    Le monde n'est que mensonge. Le monde n'est que noirceur. Mon être se meurt...et toi, tu rigoles. J'suis juste un mec, mon pote. Un mec un peu triste, un peu en colère... ou énormément. J'suis moi, mon pote. J'en veux à la terre, j'en veux au monde. J'veux qu'on me console, mec. J'veux qu'on me comprenne. Et toi, tu oses me le faire croire...



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MessageSujet: Re: Colère oubliée [PV Alexander] Jeu 28 Juin - 11:54

    Nous rions. Sans réflexion. Comme des enfants. Je dois admettre que cela parait quelque peu puéril. Mais as-tu jamais été un adulte, Ezra, malgré les tortures qui t'ont été infligé ? Tu es même incapable de tenir rigueur aux tourments provoqués par ton dernier bourreau en date. Je suis ton bourreau. Je t'aime mais je te fais tout de même souffrir, pas toujours avec satisfaction mais jamais avec le moindre regret. Tel un enfant et son jouet préféré. Et je ne sais pas exactement quelle serait ma réaction si l'on me confisquait Ezra à jamais. Ce serait probablement terrible. Il est parti et je n'ai pratiquement pas réagi. Je n'avais pas réalisé, j'espérais peut-être -secrètement- qu'il réapparaitrait bientôt. Je n'ose croire qu'il est plausible que je puisse le perdre de manière définitive. Ce sont pourtant des choses qui arrivent ; combien d'années Isaac et moi avons été privés l'un de l'autre ? Il doit me haïr de toutes les fureurs de son âme. Malgré tout, j'espère. Oui, moi le plus cynique des individus, le connard en puissance, selon l'avis général ; j'espère. Un jour, mes rêves deviendront réalité même s'il me faut -pour cela- plonger plus en avant dans la folie et la monstruosité du crime. Et je suis malgré tout capable de bonté... Je suis parfois le premier surpris quant au plaisir que l'on éprouve en réalisant le bien. Je t'ai sauvé Ezra. Tu ne l'oublies pas, tu m'en seras peut-être même éternellement reconnaissant. Et quelque part, même si nous ne nous l'avouerons jamais, nous savons que s'il s’avérait que je fusse la personne qui doit reprendre cette vie ; cela ne semblerait être que l'ordre naturel des choses.

    "J’ai cru pas revenir, moi aussi. Mais j’en suis incapable. Comme à chaque fois, hein."

    C'était dit en toute sincérité et spontanéité. Nous sommes tellement, tellement opposés. Je ne réponds rien. Je me contente de m'éloigner, afin de chercher de quoi nous désaltérer. Ezra attend tellement de moi. Parfois, l'affection qu'il me voue me parait intolérable et insoutenable. Pourquoi ? Je ne tiens certes pas à m'attarder sur le sujet. Pour éviter un thème délicat, j'ai néanmoins une astuce en or : je me tais, je conserve un masque indifférent d'une horreur exquise et je tourne les talons. Ezra est allé dans le salon, me semble-t-il, et cependant, j'entends sa voix comme s'il était juste derrière moi. Il fait sa commande, enthousiaste, allant même jusqu'à préciser la couleur de sa paille, comme s'il s'agissait du plus beau jour de son existence. En faut-il si peu pour être heureux ? Je voudrais parfois être comme toi, Ezra... Avant de me rappeler que j'ai l'obligation de vivre tous les jours avec ma propre personne, et qu'elle me semble plutôt fascinante. J'hésite un instant, une fois que les boissons sont prêtes. Ezra devrait venir chercher la sienne ; je ne suis pas son larbin. Enfin, je suppose que je dois faire ne serait-ce qu'un léger effort. En somme, je prends également son verre. Je souris légèrement, comme un idiot. La journée s'annonce grisante, c'était sans compter sur l'attitude d'Ezra, tandis que je le rejoints :

    "Pour les nouvelles, rien, nada. Spencer est une super bonne, je l’utilise pour nettoyer mes appartements aussi. Elle est super au lit, tu sais."

    Ezra n'en dit pas plus. Il quitte sa position ridicule, et se place plus justement, comme un chien apeuré. Comme un enfant qui réalise tout à coup qu'il a été pris sur le fait. Et il n'aperçoit bien entendu pas le sang qui apparait à travers ses vêtements. Qu'est-ce qui l'a interpellé malgré tout ? Est-ce ma mâchoire soudainement crispée ou mon regard vide de toute bienveillance, tel un puits sans fond ? Le fait qu'il s'évertue à se conduire comme un gamin, je dois dire que j'y suis habitué. En revanche, qu'il fasse rejaillir des souvenirs que j'avais personnellement anéanti, par l'intermédiaire de cette simple parcelle de sang ; cela m'est insupportable. Et Spencer... Pourquoi Diable évoque-t-il Spencer ? Il y a des jours où je parle et me moque volontiers d'elle mais ce n'est actuellement pas le cas. "Super au lit" ; que veut-il que ça me fasse ? Est-ce une invitation à me montrer plus... tendre avec elle ? Ne voit-il pas que je suis attiré par une toute autre caste d'individus ? Bien sûr que non. Il ne comprend rien. Il ne voit rien. Il devrait néanmoins savoir que je deviens facilement paranoïaque et violent. Fais attention Ezra.

    "Un problème, mec?"

    A ton avis ? Va te changer illico et réfléchis avant de parler.

    Un ton sans appel et un usage parfait de l'impératif. Je pose toutefois les verres sur la table basse, délicatement. Je lui ai servi exactement ce qu'il désirait, sans même omettre cette foutue paille bleue. Je porte mon propre verre à mes lèvres, sans même regarder si Ezra s'exécute ou non. Une boisson alcoolisée mais pas trop. Je ne compte pas m'auto-détruire avec de fichus produits ou des drogues. Un esprit malsain dans un corps sain.

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Ezra Marthe
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MessageSujet: Re: Colère oubliée [PV Alexander] Mar 3 Juil - 20:07