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 Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥]

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Joy Knight
Weird Girl | Chained
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MessageSujet: Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥] Ven 15 Juin - 1:58


    « Petite fille des sombres rues »



    « Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras. »

    JOUR 1 - 2015 - AZKABAN

    Ils m'font pas peur. Pas peur du tout. Y'a qu'le noir qui m'fait peur, et le noir, il est même pas là. J'aurais peur ce soir, et ils le sauront même pas. Du coup, ils finiront bien par se rendre compte qu'ils me feront jamais rien, qu'ils peuvent pas m'atteindre, ces pourris. Ma liberté, elle est plus forte qu'eux, elle est plus forte que tout ! Ils m'auront pas. J'suis pas une faible, moi, j'suis pas comme les autres. Regarde-moi dans les yeux, ils brilleront toujours, et jamais à cause des larmes, jamais !

    Baaam !

    Merde ! Pourquoi il fait déjà noir ? J'comprends pas tout. M'enfin, ça doit être pour impressioner un peu, ils rouvriront plus tard. je tiens encore quelques heures, et c'est bon. Je peux le faire, je suis forte. Plus qu'eux. Et le noir, finalement, c'est pas si terrorisant, hein. « Schriiiii » Bordel, c'est quoi ces conneries ?! Nan, rien, c'est rien du tout. Faut pas que j'déconne maintenant, j'suis foutue, sinon. Faut qu'j'me tiennes droite, au moins jusqu'à ce qu'ils reviennent. Il faudra forcément qu'il me donne à manger. Je dois tenir jusque là.

    JOUR 4 - 2015 - AZKABAN

    Pourquoi ne sont-ils toujours pas venus me sortir ? J'suis innocente, après tout. La bouffe, elle est mauvaise. J'veux du chocolat, et du café. J'veux une clope aussi. Ça me brule dans les poumons. Je veux sortir, vite. J'espère qu'ils vont bientôt se rendre compte de leur erreur, qu'ils vont me faire sortir. Enfin bon, après tout, j'peux encore patienter un peu, je ne suis pas à ça près. Ce qu'il faut, c'est que je dorme. Ça ira certainement, bien, et puis plus vite, aussi, si jamais je dors.

    J'ai dormi. Longtemps ? Je n'en sais rien. Je n'ai rien, absolument rien pour savoir. Il faut que j'attende le moment où j'aurais la mangeaille. c'est une fois par jour, c'est mon seul moyen pour savoir. Il ne faut pas que je rate mon compte. Je vais rayer le mur. Une pierre, il me faut une pierre. Pour me souvenir. J'peux pas oublier, pas maintenant, c'est trop près du passé encore.

    « Schraaak ! Schraaak ! Schraaak ! Schraaak ! »

    Voilà, ils y sont, les quatre traits. J'ai plus qu'à passer mes doigts dessus, et je sais. La trappe s'ouvre, je peux manger. Manger, c'est un grand mot. J'avais dormi longtemps, finalement. Je reprends ma pierre et trace un cinquième traits. Je suis pas encore foutue. pas encore. La folie, elle m'aura pas, parce que la liberté, elle est plus forte. Elle est plus forte que tout.

    « J'ai trop longtemps vécu
    dans de pauvres ruelles,
    trop longtemps attendu
    un dernier arc-en-ciel.
    J'ai besoin de soleil
    et d'horizons moins gris,
    je veux voir les merveilles
    que, près de toi, j'oublie. »

    Ça résonne dans ma tête. C'est moi qui chante ? Je ne sais pas. C'est comme ... comme une autre voix. J'en ai entendu deux, aujourd'hui, des voix. Elle qui chantait, joliment, tout doux. Et une autre, une grave, une froide. Une qui me disait que c'était la liberté, qui chantait. Qu'elle ne voulait plus de moi. Je ne suis plus assez belle, pour la liberté. L'ai-je déjà été ? Belle. Je ne sais plus. Ça fait cinq jours que je suis là. J'ai l'impression d'y être depuis des mois.

    JOUR 128 - 2016 - AZKABAN

    Ça tape. Ça tape dans ma tête, chaque jour un peu plus. Je ne vois plus rien. je dois être devenue aveugle. Je ne suis pas sourde, j'en suis certaine, j'entends encore leurs voix, dehors, quand ils passent de devant chez moi. C'est l'hiver, maintenant. Je le sais, j'ai compté. Et puis, quand ils me donnent la nourriture, il n'y a plus de lumière. Ou alors, je suis aveugle. Pas sourde, non ! Jamais. J'entends encore les voix. Assourdissantes, rapport au silence environnant.

    « Je pars pour des royaumes
    où l'on m'attend peut-être,
    où le bonheur embaume,
    et donne un air de fête. »

    Non, non, ne pars pas. pas encore. J'ai encore besoin de toi. C'est sombre, ici, je sais, mais ça va pas durer longtemps. Je te jure. Je te promets. reste. S'il te plait. Reste.

    « Une putain d'amie que ta liberté. Laisse-la partir, elle vaut rien. plus rien. »

    La laisser partir ? Je peux faire ça, moi ? Mais ... Mais je veux pas. je peux pas. Non, non ! Pars pas, je t'en prie. je vais sortir, je vais partir. Mais t'en va pas. Je t'en supplie, reste avec moi. J'ai besoin de toi, moi. J'peux pas rester là, à vivre. Pas toute seul. Pas sans toi, je le sais. je survivrai pas. Je veux pas mourir. reste !

    JOUR 247 - 2016 - AZKABAN

    Elle est partie. Complètement. J'l'entends plus, tu sais. J'ai fait comme t'as dit. J'l'ai plus écoutée. Elle m'apportait plus rien, plus rien du tout. J'ai besoin de rien. Si non, un peu d'toi, quand même. Mais ... T'es un peu moi, nan ? Je sais pas en fait. Comment tu t'appelles. Comment t'es en vrai. Pourquoi t'es dans ma tête. j'suis pas folle, tu sais. c'est pas une voix de fou. Je sais qu't'es là, en moi, dans mes entrailles. Tu s'rais un peu ... Mon âme, nan ? Je sais pas trop, en fait. j'arrive pas. J'arrive pas à te donner un nom. Il est là, sur le bout de ma langue, je sais. Mais j'arrive pas, et ça m'emmerde.

    « Tu veux pas m'aider ?
    -M'appelle pas, ça sert à rien. Mon nom sonne faux. Il sonne meurtrier. »

    Un meurtrier ? T'es un meurtrier ? Merde, j'suis une meurtrière aussi, du coup ? J'aime pas tuer les gens moi. Pas ceux qui m'ont rien fait. Tu m'diras, ils m'ont tous fait quelque chose, ici. J'ai le droit, du coup, de les tuer ? Tu m'autorises ? Je les hais, tous ! Tous. Je veux les voir, par terre, eventrés, les entrailles au vent. J'veux voir leur sang, j'veux le toucher. Ils m'ont tout pris, tout. Si je les tue, ils seront défigurés, pourris. Même leur mère les reconnaitront plus. Plus rien. Et s'ils sont trop horribles, j'tuerai aussi les veuves et les orphelins.

    Merde, j'suis pas quelqu'un de bien.

    Putain, j'deviens comme eux.

    C'est ça, leur but ?

    JOUR 365 - 2016 - AZKABAN

    Un an. Ça fait un an tout pile, maintenant. Un an que je suis là. J'ai tiré un trait sur mon bras, ce matin. Ça a saigné, un peu. Mais au fond, ça fait tellement moins de mal que le reste. C'est juste. Juste une coupure dans la peau. J'ai une coupure dans les entrailles, dans tout le ventre, maintenant, qui s'ouvre un peu plus chaque jour. J'ai besoin. j'ai besoin de voir, de parler, et d'entendre. De tout ça. Ouvrez-moi, je vous en prie.

    Vous avez gagné. Je me calme !

    JOUR 2063 - 2021 - AZKABAN

    Je ne compte plus. Je ne sais pas compter d'autant, je pense. Je dois être en 1800 et 2000. Je suis pas sûre. faut dire qu'les jours, j'ai du mal à les voir passer. J'ai du rater des repas aussi. je pense qu'ils m'en donnaient pas parfois. Quand je criais trop. Ou quand ça leur faisait plaisir. Heureusement que tu es là, toujours. Tu m'aimes bien ? Ou tu peux pas partir ? Tu sais pas ?

    « J'peux pas partir. »

    Dis pas ça, merde. On discute pas trop mal, nan, tous les deux ? Tu sais, c'pas simple à dire, mais c'est grâce à toi que je suis encore en vie. J'crois que je te dois tout. J'aurais pas tenu, toute seule. Dis, tu penses que je suis folle ? Je sais pas, moi. J'ai un peu peur. J'veux sortir de cette putain de cage, mais j'ai peur. Peur d'être dehors. J'ai envie de revoir Alysa, tu sais. Elle me manque, beaucoup. Je veux fumer une cigarette.

    « Tu parles trop, gamine. Ferme-là ! »

    Ouais, t'as raison. J'me tais.

    Pardon.

    Pardon ...

° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° ° °

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Joy Knight
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MessageSujet: Re: Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥] Ven 15 Juin - 21:23



« Les charognards sont là ... »



« La mort de vient pas seule. »

CELLULE DE CONFINEMENT N°487
PRISONNIER N°3

    Joy ouvre les yeux, doucement. Une nouvelle fois, son regard ne rencontre que la noirceur folle de son cachot. Rien, dans sa cellule, ne laisse filtrer la plus petite parcelle de lumière. Elle a peur, mais la peur est devenue une compagne de cellule, rien d'autre. Elle vit désormais avec, comme une colocataire encombrante, dont elle ne peut se débarrasser et à laquelle elle a fini par s'habituer. Si elle bougeait la main, elle pourrait certainement la palper, la couper au couteau. Sans doute.

    Mais elle ne bouge plus. Cela doit faire un jour. Peut-être deux. Disons deux jours qu'elle ne fait plus un mouvement, que seule sa respiration brise le calme de sa cellule. Elle n'a pas mangé. Elle n'a pas faim, de toute manière. Et puis, les plats restent, tant qu'elle ne les rend pas. Alors après tout, elle pourra les manger plus tard. Plus tard. Elle a tout son temps, hein ! Ce n'est pas comme si les choses pressaient.

    « Mange idiote ! Tu vas t'affaiblir. T'as pas b'soin d'ça. »

    Elle n'a pas faim. Elle n'a pas envie de manger. Elle sait qu'elle ne garderait pas le tout dans son estomac. Elle n'a pas besoin de vomir, pas dans de telle condition. Elle finit par se lever et marcher. Faire le tour de sa cellule. C'est tout ce qui peut l'occuper, désormais. Ce n'est pas grand. C'est même minuscule. Mais c'est là sa seule activité physique, alors elle le fait. Il ne faut pas qu'elle rouille. Si la porte s'ouvrait un jour, il faudrait qu'elle soit capable de tous les avoir, les uns après les autres. Alors elle s'exerce comme elle peut.

    « Ils t'ouvriront pas. Pars ! Pars maintenant, tant qu't'es encore en vie ! »

    Elle ne peut pas, et elle le sait, tout autant que la voix. Elle aimerait frapper à la porte et que quelqu'un vienne lui ouvrir. Mais elle n'essaye pas. Elle n'en a pas le courage. Car elle sait. Elle sait que cela ne marcherait pas. Elle s'approche de l'immense porte métallique, et colle son front à elle, savourant la fraicheur du métal en comparaison de le la chaleur environnante. Elle y plaque ses mains, aussi. Son coeur raisonne dans sa poitrine. C'est différent de d'habitude, elle ne sait pas trop pourquoi. La voix, dans sa tête, murmure.

    « Black ... Black ... Black ... »

    Elle ne comprend pas. Elle n'arrive pas à analyser les paroles de la voix. Ca y est, elle est totalement folle ? Depuis le temps, elle s'étonne de ne pas l'être devenue avant.

    « Black ... Black ... Black ... »

    La voix n'arrête plus. Un vacarme finit par s'établir dans la tête de Joy. Elle ne s'entend même plus penser. Elle n'entend plus que cette rengaine, de plus en plus fort, de plus en plus froide. La voix est en colère. Non, plus que ça. Elle ressent une haine vorace, sordide, envers elle ne sait trop quoi. Elle ne s'en remet plus. Ses jambes tremblent, elle finit par tomber, heurte violemment le sol. Des pas, elle entend des pas. Elle en est sûre, maintenant.

    Les pas, ils s'arrêtent. devant sa porte. juste devant. Elle peut presque entendre les respirations de l'autre côté. Disons qu'elle les aurait entendues, si la voix dans sa tête avait arrêté son refrain. Ce n'est pas le cas. Les clefs, dans la serrure. Ils viennent pour elle ? Enfin, ils viennent la chercher ? Elle ouvre grand les yeux, et se recule un peu, légèrement apeurée. Elle n'a plus l'habitude de ... l’inhabituel.

    « C'est pas pour toi. ils sont là pour Black ! Pour Black ! »

    La porte s'ouvre.

    Lumière !


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Keaven Snow
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MessageSujet: Re: Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥] Ven 15 Juin - 23:24



Elle est là, là au bout de ses doigts. Il la sent. Il la caresse. Depuis combien de temps prie-t-il pour la sentir de nouveau près de lui, et non pas seulement dans son âme? Depuis combien de temps? Trop, surement. Elle est là, doux murmure entre les feuilles des arbres…doux murmure contre sa peau…entre ses doigts et dans son cou…. Il est ému, ce con. Peut-être trop pour une connerie pareille, mais il est ému. Lily et Flynn le regardent, silencieux. P’être troublés, il s’en fiche. Parce que pour la première fois depuis des années, il peut la voir autrement qu’à travers les barreaux de la prison. Il peut la toucher pleinement sans qu’elle puisse s’enfuir… elle est enfin sienne…il est enfin sien…ils sont enfin qu’un à nouveau… la liberté. Il est lui, là présentement… il est lui…. Pour une fois….


« Tu vois, mec. La liberté, elle revient un jour au l’autre. Marrant de savoir qu’on l’a retrouvé de la même manière. »

Keaven sourit doucement. Il tremble comme une feuille, la larme à l’œil comme une fillette. Il a peur…peur qu’elle disparaisse de nouveau. Il le sait. Il le sent…ils sont près…sa magie, active après tant d’année sous silence, le lui murmure. Il entend les roues de leur véhicule dans le sable du désert… il entend les armes qui se chargent… il entend…la fin… Les mains jointes, il observe sa douce maitresse s’envoler un peu loin de lui, sanglotant en silence… il est le seul à l’entendre…le seul à entendre le déchirement de son cœur…

« C’est fini. Fini. Désolé »

Ils sont là, plus perdus l’un que l’autre. Ils croient avoir réussi. Ils croient en l’espoir de la liberté. Keaven sait, lui. Il la voit, douce folie….douce présence en train de s’éloigner… il connait cette sensation…cette avertissement. Il pourrait courir…courir loin et s’envoler… il pourrait, oui…mais la force n’y est pas. Il a peur. Il a mal. Fuir, il en a assez. La fuite ne sert à rien…. Il a trop fui, au cours de sa vie… il doit assumer…assumer ses erreurs…assumer les meurtres qu’il a commis… idiot qu’il est, il n’est pas au courant pour la Lincoln Corporation…il ne sait pas ce qui l’attend, au bout de cette autoroute….

Lily dit quelque chose. Elle embrasse Flynn. Keaven ne peut s’empêcher de détourner le regard, un peu prude. Il n’y est plus habitué, à l’amour. Il ne comprend plus cela. L’amour, c’est l’inconnu. L’amour, c’est la mort de la liberté. Quand il les regarde de nouveau, Lily n’est plus là. Flynn dit qu’elle est allée chercher de l’aide, ou une connerie du genre. Keaven hoche de la tête sans comprendre. Au bout de l’autoroute, il voit enfin les voitures qui arrivent. Ils sont là. Enfin… ils sont une dizaine…de grandes voitures noires.

« Va t’en. Ils sont là pour moi. »

Il tourne son regard vers son frère. Sirius regarde Regulus. Keaven regarde Flynn. Ils se connaissent à peine, autant l’un que l’autre. Mais ils s’aiment…ils sont frères, après tout. Mais les agents sont là... Ils sont là pour lui, pour faire sa peine. Il en a pour 25 ans, il vient d’en faire 7. Il lui en reste 18 ans. Il a le temps…tout le temps qu’il lui faut… il est immortel, non ? La liberté, elle saura là par la suite.

Mais Flynn ne veut rien savoir. Il lui crie des conneries, il ne veut pas partir sans lui. Ils se battent…se frappent même… Flynn les fait disparaitre… mais Keaven n’en entend rien. Il revient à l’instant même où les voitures arrivent. Ils sont là, armes chargés devant lui. Ils sont là, près à lui voler sa liberté…et elle crie…elle crie et pleure…

Une seringue s’enfonce dans son cou. Il est là, au beau milieu de ces hommes…il est là… les genoux au sol… le cœur en miette et sa tendre…sa chère et tendre s’envolant bien loin de lui… il est là, les larmes aux yeux, en deuil d’une rencontre si courte… Il est là… tête contre le sol, sa magie diminue peu à peu dans ses veines… il est là, peinant à tenir ses yeux ouverts…et Flynn apparaît…se faisant capturer.

Il n’eu faut pas plus pour qu’il se meurt. Pour qu’il crie et se débatte, malgré le peu de force qu’il l’habite. Il danse comme un pantin sans vie…il essaie de s’enfuir, de le sauver…mais son corps est lourd, son corps ne lui appartient plus…et puis, le noir total.

« Keaven?! Keaven! Noooon! Non, mec, non!! »

Quand il reprend conscience, il crie. Il crie de nouveau, appelant sans cesse le nom de son frère. La liberté ne lui suffit plus. La liberté lui importe peu. Il veut son frère. Il veut Flynn. Mais ils ne l’écoutent pas. Ils se contentent de lui injecter une autre dose de leur connerie…de leur connerie qu’il ne connait pas. Keaven crie, car il ne comprend pas. Il veut des explications… il ne comprend pas… il ne connait pas les lieux.

« Il est là. Mon dieu, il est là…Snape…ce connard »

À moitié conscient, il se fait trainer par les hommes…à moitié conscience, il meurt peu à peu…il ne comprend pas les paroles de Black, mais il s’en fiche… Black parle souvent pour rien… Black aime parler…il se vide de ses forces. À quoi bon avoir sa magie, quand ils la lui prennent sans gêne, sans le moindre mouvement… il les hait. Il les tuerait tous. Il ne se gêne pas pour leur dire.

« Vous allez m’le payer! Vous allez en crever… l’plus fort ici, c’est moi… le monstre ici, c’est moi… j’vais vous bouffer…bouffer votre âme. Dieu vous pardonnera pas, vous êtes des foutus démons! »

Il crie. Il hurle. Il griffe, même, avec le peu de force qu’il a. Il ne peut faire que cela. Mais ces hommes sont forts…ces hommes se fichent de lui… et sans gêne, ils le balancent dans une cellule d’isolement. Ses genoux se bloquent à cause du choc contre le sol…il lâche un gémissement, faible comme il est… il reste là, la joue contre le sol… le cœur au bord des lèvres… il reste là, le regard fixe dans le noir… la mort dans l’âme… il reste là… se maudissant pour avoir perdu le contrôle si rapidement…

« Pardonnez moi mon Dieu….car je-j’ai pêché…»

Et il rit… il rit tant il parait con…là contre le sol…il rit tant il est pitoyable… car son âme est damné depuis bien longtemps…car Dieu ne peut rien pour lui…et cela depuis bien avant son apparition sur cette tête….

« Il est pas là. Pas là pour nous, pas là pour toi. Il a jamais été là…c’est un connard, un lâche. »

Non non, c’est faux. Il est là. Keaven a foi en lui… il est là… il est sa force…toujours…encore…

« La ferme bordel, et occupe toi de Snape! Snape est là! OUVRE LES YEUX.»

L’âme vague… le corps lourd… il obéit tant bien que mal… mais le noir lui répond et il ne voit rien…rien du tout… il ne voit que le monde noir et sombre… il ne voit que le reflet de sa propre âme…de sa propre chute… mais pourtant, il l’entend…son souffle affolé dans cette cage…sa peur dans cette prison… il l’entend…

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    Les hommes disent peu. Et je fais comme eux. J'use de lieux communs. De thèmes vaporeux. Pour embrouiller l'âme. Qui git dans mes yeux. Je déguise l'enfant, J'enferme monsieur. Les hommes disent peu. Et je fais pareil. D'un air ténébreux, J'attends mon éveil.





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Joy Knight
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MessageSujet: Re: Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥] Lun 18 Juin - 22:30



« Personne n'est tout moche ou tout beau... »



« Moitié ange et moitié salaud. »

CELLULE DE CONFINEMENT N°487
PRISONNIERS N°3 & 47

« C'est pas pour toi. Ils sont là pour Black ! Pour Black ! »

La porte s'ouvre.

Lumière !

_________________________

    Joy est collée au mur. Froid ! C'est agréable, car elle transpire. Son coeur bat. Elle ne sait pas, plus, comment sont les gens, dehors. Elle ne sait pas comment elle est, elle-même. Elle attend. Des heures, il lui semble voir la porte s'entrouvrir, elle l'entend grincer. Et dans sa tête, c'est comme un écho avec la voix qui ne cesse de lui hurler le nom de Black. Sirius Black. Il faut qu'elle parte. Elle va devenir folle. Elle l'est déjà ? Peut-être, peut-être. mais tout devient insoutenable, d'un coup. Comme si, après toutes ces années, elle avait fini par exploser, définitivement.

    Et d'un coup, elle le voit. Derrière le garde, certes, qui doit le surplomber d'une tête, au moins. mais elle l'aurait reconnu entre mille. Peut-être plus. Il ne faut pas qu'elle paraisse étonnée. Ils lui enlèveraient alors, s'ils apprenaient qu'elle le connait. Ils n'ont pas le droit. pas maintenant qu'ils lui ont donné cet espoir.
    Elle le regarde, en évitant les yeux. Il a changé, depuis le temps. mais pas tant que ça. pas tant qu'elle, ce n'est pas possible. Elle pose sa main sur ses cheveux. Trop longs, maintenant. Ils ne doivent plus être blonds. juste ternes. Elle ferme les yeux. Elle ne veut pas qu'il la reconnaisse. Keaven.

    « Keaven ?! Tu t'fous de moi ? C'est Black, merde, Black ! »

    Elle ne comprend pas. Pas vraiment. C'est comme s'il y avait deux parts en elle, qu'elle n'arrive pas vraiment à identifier. l'envie de le serrer dans ces bras la prend de toutes ses forces, et pourtant, une seconde après, elle ne rêve que d'une chose, le frapper, de toutes ses forces. Elle finit par s'asseoir. Elle se recroqueville, en position fœtale, dans le coin le plus sombre de la pièce. L'a-t-il vue ? Il ne faut pas, il pourrait partir. Elle a besoin de lui, elle a besoin de quelqu'un, n'importe qui. Elle a aussi besoin que la voix se taise. Parce qu'elle hurle, maintenant. Joy n'entend plus rien.

    Elle n'a pas grandi, finalement, dans cette foutue cellule. Elle croyait, jusque là, avoir oublié les gens de dehors, avoir su faire un trait dessus. pourtant, maintenant qu'elle le voie, elle sait qu'elle est accro. Accro à la race humaine, à ceux qu'elle aime. D'un coup, dans son esprit, le visage d'Alysa. Elle l'avait oubliée, jusque là. Elle s'en veut, s'en mord les doigts. Elle ne doit pas oublier ceux qu'elle aime, elle n'en ressortirait pas. Elle rouvre les yeux finalement. Juste à temps. juste à temps pour voir la porte se fermer, sur l'ombre de Keaven. Elle finit par se relever. S'il ne l'avait pas vu jusque là, il l'a forcément entendue.

    Elle veut s'approcher. Pourtant, la voix dans sa tête proteste. Combat intérieur dont elle ressort gagnante. Enfin, il s'est tu. Elle se sent mieux d'un coup. Elle peut. Elle peut enfin s'approcher de lui. Elle a demandé un peu de répit à la voix. Il a accepté. juste un peu. Mais il n'est pas si méchant, au fond. Joy sait que ça lui coute, beaucoup. Elle le remercie, intérieurement. C'est tellement plus simple, de vivre en silence.

    -------« Keaven ? »

    Elle hésite un instant. Et si, finalement, ce n'était pas lui. Si il ne se souvenait plus d'elle. Comment réagirait-elle ? Elle ne sait pas. L'aurait-il oubliée ? Peut importe, il réapprendrait à la connaitre, si jamais c'était le cas.

    -------« T'es vivant, putain ? T'es vivant ! Qu'est-ce que tu fous là, imbécile ?! »

    Elle ne doute plus, au final. Elle sait que, de toute façon, qui que ce soit, elle a besoin de lui. Elle a besoin d'une présence auprès d'elle, même si cela entraine une guerre avec la voix dans sa tête. Voix qui recommence à se manifester, jugeant le temps de latence accordée bien assez long. Joy tente de passer outre. Cependant, la voix se fait moins forte. Elle la laisse entendre. Parce qu'au fond, elle n'est pas méchante.

    « Lui parle pas. Parle pas à Sirius Black ! »

    -------« Tu connais Black ? Sirius Black ?»

    Elle sait, pourtant, qu'elle a mille questions, à lui poser auparavant. Elle voudrait savoir tant de choses. Tout ce qui s'est passé, ces dernières années. Ce qu'il est devenu, lui. Tout cela. Pourtant, la curiosité est bien trop forte pour la taire. Elle a besoin de savoir. Elle n'aime pas ne pas comprendre. Encore moins quand tous ceux autour d'elles savent. Cinq ans, peut-être plus, d'enfermement n'ont pas eus raison de son caractère le plus profond, et principalement de son obsession à savoir. Black ! Ce nom sonne mal dans sa tête. Peut-être parce que la voix n'aime pas.

    Finalement, entre la haine et la joie, le deuxième sentiment gagne. Une pulsion, très certainement. Après un long silence, auquel elle n'arrive pas à s'habituer, elle se jette dans ses bras. Des larmes coulent de ses yeux. Le contact humain. Elle attend cela depuis trop longtemps. Depuis toujours, elle a l'impression. Elle n'a jamais vraiment aimé tout cela. Les câlins, tenir la main de quelqu'un. Pourtant, aujourd'hui, elle a l'impression que c'est ce qui lui manque le plus. une présence, une simple présence.

    La sienne, c'est encore mieux !

    Elle ne le lâche pas. Elle n'en ai pas capable. Et puis, tant qu'il ne lui demande pas de s'écarter, finalement, pourquoi le ferait-elle ? Elle attend. Elle veut entendre sa voix. Elle veut savoir si c'est toujours la même, depuis le temps. Elle veut beaucoup de chose, en bien peu de temps. Mais après tout, n'ayant rien eu depuis si longtemps, cela n'a rien d'étonnant. Elle attend. Elle attend simplement. Ca lui suffit d'attendre. Elle s'est entrainée pour ça, maintenant. Elle a l'habitude de le faire.

    L'habitude d'attendre !

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Keaven Snow
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MessageSujet: Re: Petite fille des sombres rues [ft. Keaven ♥] Mar 19 Juin - 5:48