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 Tu m'es familière. T'aurais-je déjà menacé ? [April James]

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MessageSujet: Tu m'es familière. T'aurais-je déjà menacé ? [April James] Sam 23 Juin - 10:24

Quelle triste après midi, une fois de plus. Le soleil semblait bouder le ciel, réfugié derrière d’épais cumulus grisonnant qui donnaient l’impression qu’un couvercle recouvrait Londres. A quoi bon être en manque de quelque chose que l’on n’a pas l’habitude de recevoir ? Les londoniens s’étaient familiarisés avec ce temps morne, à défaut de pouvoir commander une autre météo. Autant dire qu’il fallait aimer la pluie pour espérer vivre ici. Il y avait ceux qui lui trouvaient un côté romantique ; les longues balades en amoureux ; des regards et baisers langoureux échangés sous un ciel ému jusqu’aux larmes. Puis il y avait ceux qui ne s’y accoutumaient jamais et qui passaient leur temps à courir de porche en porche en s’immisçant entre les lourdes gouttes qui s’abattaient au sol et qui s’accumulaient pour former d’énormes flaques d’eau que les pneus des voitures prenaient un malin plaisir à projeter sur les pauvres piétons un peu trop proches des caniveaux. Revan lui appartenait à un groupe bien distinct, là où seul des dérangés mentaux dans son genre pouvaient se classer. Il aimait le sang quelque soit le décor dans lequel il se trouvait, mais davantage sous la pluie. La façon que le bitume avait de faire ressortir sa couleur pourpre et cette rapidité avec laquelle la pluie s’y abreuvait. L’eau et le sang, deux liquides vitaux qui s’entremêlaient sous le regard vitreux et le sourire vicieux de la Mort. La pluie était une fine complice, dans le sang, elle aimait s’y baigner. Elle l’entraînait avec elle dans la gueule affamée et putride des égouts, elle passait après la Faucheuse pour nettoyer les preuves.

Aujourd’hui la pluie tombait, le ciel grondait un appétit féroce et sanguinaire. Londres prend garde, le mort sonne à ta porte.

Une série de claquements aigus et saccadés semblable à des talons de chaussures de femme résonnaient dans cette rue peu accueillante. L’écho sourd qui en résultait s’écrasait contre les murs effrités de la ruelle. Traître sentiment que la peur, il nous affole, nous essouffle, nous étourdis jusqu’à ce qu’on en puisse plus. Il nous désoriente, puis nous mène à notre perte. Une jeune femme semblait fuir une meute d’hommes à ses trousses. Une femme d’exception, très séduisante, certes, mais plus que cela encore : une sorcière ayant eut un contact avec son Host. Il y avait plusieurs jours de cela déjà qu’elle avait été pistée et l’équipe de Revan n’attendait que le bon moment pour intervenir, ils attendaient le Premier Contact. La puce de détection de Host qu’ils lui avaient introduis avait envoyé un signal à la Lincoln Corporation et tout ce qu’ils avaient à faire c’était d’entrer en piste et de capturer la jeune femme pour lui soutirer les informations. Si elle ne coopérait pas d’elle-même, ils se verraient obligés de lui extraire les informations directement depuis son cerveau en prélevant directement ses souvenirs depuis son Hippocampe. Dommage pour elle de devoir en arriver là, surtout que Revan perdrait tout le loisir et le plaisir de pouvoir la tuer de ses mains…C’était toujours les scientifiques qui le beau rôle.

La jeune femme jeta plusieurs coups d’œil derrière elle, apparemment elle semblait avoir semé les types qui la pourchassaient. La sueur lui coulait sur tout le corps, ses cheveux étaient humides et lui collaient au visage au même titre que ses vêtements. Dans sa course, elle s’était cassée un talon et dans sa chute, s’était effilée les collants. Pauvre petite chose. Elle ralentit sa course et chercha à reprendre son souffle. Son cœur, lui, galopait comme un cheval fou dans sa poitrine, menaçant de s’extraire de sa cage thoracique. Huum dommage que ce ne fut qu’une métaphore, Revan aurait adoré le tableau morbide. Quand elle se retourna, elle entra en collision avec un jeune homme d’une trentaine d’années environs, pantalon et long manteau noir, chemise blanche et cravate noire. Une longue écharpe verte et grise dénouée avec le logo de la maison Serpentard flottait sur ses épaules et descendait jusqu’à sa taille. Des cheveux mi-long d’ébène tombaient sur ses épaules et l’émeraude de ses yeux verts venimeux était incrustée sur le visage terrorisé de la jeune femme. Un sourire ou plutôt un rictus se dessina sur ses lèvres qu’il déguisa d’une fausse tendresse. Il englua la femme dans une confiance qui causa sa perte. Il emprunta un timbre de voix mielleux.


- Ne craignez rien, vous pouvez vous reposer maintenant, c’est terminé.

Il la prit dans ses bras, cala la tête blonde de sa proie dans son cou, caressa ses cheveux pour calmer ses sanglots tandis que son autre main – dans laquelle il dissimulait une seringue – s’aventura jusqu’à son cou. Quand la seringue pénétra la chaire de la jeune femme et avant que les drogues ne fassent leur effet, la jeune femme tenta de se débattre et se défaire du piège qui ne cessait de se refermer sur elle-même. Revan serra ses doigts sur sa nuque pour la maintenir, conservant la même douceur sur le visage.

- Chuuut…c’est bientôt terminé. Endors toi petite poupée.

Sa lutte se fit de plus en plus faible jusqu’à ce que toute résistance disparaisse. A présent, celle à qui il venait d’attribuer le surnom de « petite poupée » s’en était allée dans le royaume infini des rêves. C’était un surnom très affectif car tout ceux qui connaissaient Revan, savaient ô combien il aimait les poupées humaines. Il était fasciné par l’élasticité et la souplesse de leurs membres qu’il mettait souvent à rude épreuve. Il les préférait vivante, car il adorait les entendre chanter quand il leur faisait réviser leur gymnastique acrobatique. C’était si jovial et si entraînant !
Revan rattrapa son nouveau petit jouet dans ses bras et s’adressa et au reste de sa troupe qui venait de le rejoindre.


- Emmenez là à la LC, dîtes au boss que lorsqu’elle ne nous sera plus d’utilité, j’aimerai bien m’amuser avec elle. J’ai besoin d’un verre.

Ses sbires échangèrent un regard. Ils ne pouvaient qu’imaginer ce que Revan était capable de faire subir à la jeune femme par « jeux ». Étrangement, Revan n’était pas de ces psychopathes qui mêlaient le sexe aux atrocités, non il avait un côté artistique raffiné et non vulgaire. Il savait donner du plaisir à une femme comme il savait lui donner du déplaisir mais jamais il n’associait les deux. Les hommes de main de Revan se débrouillèrent, ils appelèrent leur chauffeur et dissimulèrent la jeune femme dans la voiture, puis ils prirent la route en direction de la LC. Revan quant à lui remonta la ruelle dans laquelle s’était bien enfoncée son gibier puis se retrouva dans une grande rue principal. Peu de monde aujourd’hui, tant mieux, Revan n’aimait pas la foule. Main dans les poches, un sourire joyeux aux lèvres tel un bon vivant, il avançait d’un air innocent. Le peu de gens qu’il croisait ne pouvaient se douter que l’homme qui passait à leurs côtés était un effroyable psychopathe qui venait justement d’enlever une jeune sorcière. Ce qu’ils ignoraient ne pouvait pas leur faire du mal après tout. Revan lui-même ne laissait rien transparaître. Après tout, les meilleurs décalés mentaux étaient ceux qui arboraient un comportement tout à fait normal, ils étaient doués dans l’art de la dissimulation en se fondant parmi les gens saint d’esprit. On en avait le parfait exemple, l’impassibilité dont il faisait preuve était accablante. Ce qu’il venait de faire était terrible, pourtant c’était un secret que tout son corps et ses expressions cachés à merveille. D’ailleurs il pouvait ne compter que sur lui, lui et son indifférence.

La route qu’il suivait le conduit enfin à un bar dans lequel il entra sans même prendre la peine de jeter un coup d’œil au nom de l’enseigne. Il faisait restaurant ? Génial ! Ca tombait bien, tout ce petit sport du matin lui avait ouvert l’appétit. Il jeta un coup d’œil circulaire dans la pièce tandis que tous les regards convergèrent vers lui, ils le toisèrent d’un regard peu aimable se demandant bien de quelle mafia venait Revan. Ils étaient loin du compte. Il huma une appétissante odeur de grillade qui le mena à dériver son attention vers le bar derrière lequel se tenait une jeune femme brune qui essuyait des verres propres et aussitôt les remplissait de nouveau au bon vouloir de ses clients. Quel délicieux brin de fille ! Revan s’approcha du bar pour s’y installer. Il fronça le regard quand cette dernière releva le menton pour lui souhaiter la bienvenue. Elle lui sembla très familière tout à coup…ou avait-il bien pu la rencontrer ? Il lui adressa un ravissant sourire toujours tinté d’une lueur mesquine, à croire que ses expressions étaient contaminées par sa nature perfide.


- Bonjour Mademoiselle. Un whisky…s’il vous plaît. Il s’arrêta de justesse avant de continuer sur un « pur feu ». J’espère ne pas arriver trop tardivement pour le déjeuner, le travail sur lequel j’étais fut plus long que prévu.



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~Ce que je gagne en connaissances, je le perds en sentiments~

● "Quand je me livre aux tentations, j'agis selon l'impulsion des objets externes. Quand je me reproche cette faiblesse, je n'écoute que ma volonté ; je suis esclave par mes vices, et libre par mes remords ; le sentiment de ma liberté ne s'efface en moi que quand je me déprave, et que j'empêche enfin la voix de l'âme de s'élever contre la loi du corps. Je ne connais la volonté que par le sentiment de la mienne..."
ROUSSEAU.
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